Affiche du 17 mars 2012


Journée contre la répression policière le 17 mars 2012

 


Une ribanbelle de « morts tous seuls »

 ABOU BAKARI TANDIA, 38 ans

COURBEVOIE

5 décembre 2004 - Abou Bakari Tandia est interpellé dans la rue et emmené vers 20h au commissariat de Courbevoie pour un contrôle d’identité. Tombé dans le coma dans sa cellule au cours de la garde à vue qui s’ensuit, il est transporté à minuit vers l’hôpital de la Salpêtrière à Paris. Ce n’est que le 9 décembre que sa famille est informée de l’arrestation et de l’hospitalisation d’Abou. Durant trois jours les policiers en faction à l’hôpital empêchent la famille de voir Abou, sous prétexte que la garde à vue se prolonge. Lorsqu’ils peuvent enfin accéder à Abou, les membres de sa famille trouvent son corps gonflé avec une large blessure ronde à la poitrine : il est en état de mort cérébrale et décédera le 25 janvier 2005. L’autopsie conclura à une décompensation viscérale sans en donner les causes.

Que s’est-il passé dans le commissariat de police ? Les policiers affirment qu’Abou s’est volontairement cogné la tête contre la paroi de sa cellule alors qu’aucune plaie n’est visible au crâne. Le procureur classe l’affaire sans suite en mars 2005, faute d’éléments dans l’enquête de l’IGS qui pourraient justifier sa poursuite.

En avril 2005 la famille porte plainte pour « torture et mauvais traitements ayant entraîné la mort ». S’ensuit une procédure qui dure depuis juin 2005 et rencontre des obstacles à répétition ; un policier qui affirme que la caméra de la cellule était vandalisée (ce qui sera invalidé par une nouvelle enquête de l’IGS en 2008 et aboutira à une plainte du père d’Abou), les vêtements et le dossier médical qui disparaissent et réapparaissent lorsque le père d’Abou porte plainte pour « destruction de preuves » en 2009.

Les légistes qui relisent le dossier médical « égaré » devraient livrer leurs conclusions en mai 2012.

A ce jour, les policiers ne sont pas inquiétés.

LAMINE DIENG, 25 ans

PARIS

17 juin 2007 - La police est appelée à intervenir dans une dispute qui oppose Lamine Dieng à sa compagne dans une chambre d’hôtel de la rue de la Bidassoa, 20ème arrondissement de Paris. A leur arrivée, ils interpellent Lamine dans la rue en usant de la force et le font monter dans le fourgon. Ils le ressortent peu après, inanimé. Lorsque les pompiers arrivent, il est déjà mort.

Que s’est-il passé dans le fourgon de police ? L’autopsie et les analyses toxicologiques concluent que le décès de M. Dieng est « très vraisemblablement » dû à une overdose (cocaïne et cannabis). Le procureur affirme qu’« une fois entravé et placé dans le car de police (…) il est devenu inerte et est décédé, malgré les gestes de survie pratiqués par les policiers et des pompiers immédiatement alertés ». Pourtant, il semblerait que le corps de Lamine a été ressorti du fourgon et laissé sur la chaussée durant près de trois heures.

A ce jour, les policiers ne sont pas inquiétés.

ABDELHAKIM AJIMI, 22 ans

GRASSE

9 mai 2008 - Suite à une altercation avec le personnel de sa banque, Abdelhakim Ajimi est interpellé alors qu’il rentre chez lui, le directeur de la banque ayant appelé la police. Plusieurs policiers participent à l’interpellation, au cours de laquelle Abdelhakim est maintenu à plat ventre au sol par trois policiers. Il est menotté aux pieds et aux mains. Tandis que l’un d’eux lui assène des coups de poings, un second appuie sur son dos avec son genou, alors qu’un troisième lui applique une clé d’étranglement. Des témoins attestent qu’il a du mal à respirer et que son visage devient violacé. L’un des policiers, blessé dans l’altercation (fracture de clavicule), est transporté à l’hôpital. Les policiers estiment qu’Abdelhakim n’a pas besoin d’être emmené à l’hôpital et il est transporté au commissariat dans une voiture de police. A 16h30, il est déclaré mort.

Que s’est-il passé dans la voiture de police ? Des policiers affirment qu’il était vivant mais très faible à son arrivée au poste de police, tandis que des témoins pensent qu’il était déjà mort au moment où il a été placé dans la voiture.

Alors que le préfet estime que rien ne peut mettre en cause les policiers, le rapport d’autopsie initial fait mention de « possibles signes d’asphyxie » et de « possible pathologie cardiaque », tandis que l’expertise médicale établit finalement que la mort est due à une« asphyxie mécanique » due à l’association de la pression prolongée exercée sur le thorax de la victime plaquée au sol et de son étranglement par une clé de bras.

Durant l’instruction, il a été reproché à Abdelhakim Ajimi d’avoir été agressif…

Les policiers ne sont pas suspendus. Jugés du 16 au 20 janvier 2012, le verdict sera prononcé le 24 février 2012. Le procureur requiert des peines avec sursis.

A ce jour, les policiers ne sont pas inquiétés.

ALI ZIRI, 69 ans

ARGENTEUIL

9 juin 2009 - Deux vieux amis, Arezki Kerfali, 61 ans, et Ali Ziri, 69 ans, reviennent en voiture d’une soirée. Ils ont bu. Contrôle de police, l’interpellation tourne mal. Les flics prétextent la rébellion et les embarquent. Ali Ziri n’en reviendra pas vivant. Transporté à 22h09 depuis le commissariat à l’hôpital, il fait un arrêt cardiaque puis sombre dans le coma, avant de décéder le 11 juin au matin.

Que s’est-il passé dans le fourgon de police ? Les deux hommes auraient été passés à tabac et Ali Ziri aurait subi la technique du pliage, consistant à plaquer le torse du prévenu sur ses genoux en exerçant une pression. La dernière expertise medico-légale conclut à « un épisode hypoxique [une diminution de la quantité d’oxygène apportée aux tissus] en rapport avec les manœuvres d’immobilisation et les vomissements réitératifs ». Le procureur requiert un non lieu.

Durant l’instruction, il a été reproché à Ali Ziri d’avoir trop bu et d’avoir eu un comportement inconséquent…

A ce jour, les policiers ne sont pas inquiétés.

HAKIM DJELASSI, 31 ans

LILLE

24 septembre 2009 – Hakim Djelassi est à l’hôtel avec sa copine. Vers huit heures du matin, le couple se dispute et les voisins avertissent le réceptionniste qui se presse d’appeler la police. Énervé, les flics l’embarquent. Un quart d’heure plus tard, il est déposé par eux à l’hôpital, le corps couvert d’hématomes. Il fait un arrêt cardiaque et sombre dans le coma, avant de décéder deux jours plus tard.

Que s’est-il passé dans le fourgon de police ? Malgré les hématomes sur le corps de Hakim, le parquet indique que l’autopsie ne permet pas de démontrer que la mort a été causée par des violences. Une nouvelle autopsie affirme que la cause du décès serait une consommation excessive de drogues.

A ce jour, les policiers ne sont pas inquiétés.

MOHAMED BOUKROUROU, 41 ans

VALENTIGNEY

13 novembre 2009 – Mohamed se rend dans une pharmacie pour acheter des médicaments. S’ensuit une altercation avec le pharmacien, qui appelle la police. Embarqué de force dans le fourgon de police, l’interpellation tourne mal. Victime d’un arrêt respiratoire dans le véhicule, Mohamed est reconduit à la pharmacie où son décès est constaté à 18h05.

Que s’est-il passé dans le fourgon de police ? Lors de la toilette mortuaire, la famille constate que le visage du défunt porte des hématomes et que sa lèvre est éclatée. Des témoins affirment que les policiers s’étaient assis sur le corps de Mohamed, mais le procureur estime que les marques sont dues à l’autopsie et au frottement sur le sol du visage de la victime lors de l’interpellation, éliminant « toute hypothèse de coups ».

A ce jour, les policiers ne sont pas inquiétés.

MAMADOU MAREGA, 38 ans

COLOMBES

29 novembre 2010 – Un conflit éclate entre Mamadou et son propriétaire. Mamadou s’emporte et menace physiquement ce dernier. Dix flics de la BAC interviennent et s’en prennent violemment à Mamadou : deux coups de matraque, gaz lacrymogènes et six décharges de Taser. A 1h30, il décède, entravé par les pieds et les mains dans l’ascenseur de l’immeuble et gisant dans son vomi.

Que s’est-il passé dans l’ascenseur ? La première expertise indique que le décès est lié à « une insuffisance respiratoire massive par inhalation de gaz dans un contexte de plusieurs contacts par tir de Taser », puis une seconde, constatant la présence de sang dans les poumons, conclue à un décès du à « la drépanocytose » dont Mamadou était atteint.

A ce jour, les policiers ne sont pas inquiétés.

WISSAM EL-YAMNI, 30 ans

CLERMONT FERRAND

31 décembre 2011 – C’est le réveillon, Wissam fait la fête avec ses copains sur le parking d’un centre commercial. Appelés, des policiers arrivent sur place. Le ton monte et il semblerait que Wissam s’en prend aux policiers en leur lançant une pierre. Des renforts de police arrivent, donc un véhicule de la brigade canine, et Wissam prend la fuite. Rattrapé par un chien puis par des policiers, il est plaqué au sol. Il reçoit des coups de pieds au dos et au thorax, ainsi que des coups de poings au visage. Lorsque ses amis arrivent sur place, il est dans la voiture. A 3h40, il gît inanimé et menotté dans le couloir du commissariat. Transporté à l’hôpital, il est dans le coma. Il meurt neuf jours plus tard sans avoir quitté le coma.

Que s’est-il passé dans le véhicule de police ? Le procureur annonce que « l’autopsie n’apporte aucun argument en faveur d’un décès directement traumatique », que « les lésions traumatiques sont superficielles » et que « la superficialité des lésions cervicales n’est pas en faveur des stigmates de strangulation ». Les policiers nient évidemment toute violence.

En tout cas pour l’instant, les policiers ne sont pas suspendus.

ABDELILAH EL JABRI, 25 ans

AULNAY SOUS BOIS

10 janvier 2012 – Abdel se trouve dans le hall d’un immeuble avec un groupe d’amis. La BAC tourne et s’arrête, contrôle Abdel et ses amis, qui ont du shit sur eux. Le contrôle tourne à l’interpellation et trois jeunes sont menottés par les flics. Abdel perd connaissance.

L’autopsie conclue à une mort « due à une rupture de l’aorte, consécutive à une malformation cardiaque », a indiqué le parquet de Bobigny, assurant qu’« aucun traumatisme et aucune trace de coups n’ont été relevés par le médecin qui a effectué l’autopsie ».

Les versions officielles écartent l’hypothèse de violences policières. Il semblerait que pour une fois, la victime était vraiment cardiaque. Pour autant, le témoignage d’un copain d’Abdel dit tout autre chose sur la réalité des faits : « À la télé, ils disent qu’il a eu un malaise cardiaque parce qu’il a pris du viagra et qu’il avait une mauvaise santé, on salit sa mémoire. La vérité, ce n’est pas celle là. Les flics sont arrivés comme des ninjas, comme si c’était Bagdad ici. Au lieu de faire un contrôle tranquille, ils l’ont plaqué contre le sol, comme un malpropre. Il en est mort. »

Encore et toujours, les policiers ne sont pas inquiétés…

POURTANT LA POLICE, ELLE, NOUS INQUIETE

Les policiers tuent sans ne jamais être inquiétés. A vrai dire la police ne s’inquiète jamais, elle est droite dans ses bottes. Ses régiments de cogneurs et d’étouffeurs agissent en toute impunité, déboulant dans les quartiers comme des boules dans un jeu de quilles. Et bien plus encore, depuis le 17 octobre 1961 la police est rentrée maître dans l’art de jeter dans l’autre monde les minorités un peu trop « visibles ». Pour eux, il y a toujours une bonne raison d’éliminer un pauvre s’il est étranger. Comme disait un jeune d’Aulnay-sous-Bois, si les victimes s’étaient appelées Marcel ou Philippe, ça ne se serait pas passé comme ça.

Et c’est au tour de la presse de reprendre en cœur les affirmations calomnieuses des procureurs et des préfets sur les mauvais penchants des victimes, pour légitimer la stupidité ou la barbarie des flics, pour les excuser d’avoir tordu leurs victimes dans tous les sens à grand renfort de poings et de matraques. Facile de rendre les morts coupables : untel aurait trop bu, l’autre aurait trop fumé, et quand bien même ils seraient sans défauts, ils estiment qu’ils auraient mieux fait de se tenir tranquilles. Ils voudraient nous faire avaler que leurs victimes sont mortes toutes seules.

Mais Messieurs les procus et les vendus : sachez que rien ne justifie JAMAIS la mise à mort d’un homme désarmé ! Et vous nous excuserez bien volontiers de penser qu’il y a plus de cardiaques parmi vous que parmi les jeunes en pleine santé que votre police assassine.

NOUS EXPRIMONS NOTRE SYMPATHIE ET NOTRE SOLIDARITE SANS FAILLE

POUR LES FAMILLES DES VICTIMES !

VERITE ET JUSTICE !


Rassemblement de soutien à Christian Muys

Christian Muys est un militant de très longue date du dunkerquois.
Il est délégué syndical à SUD collectivité territoriale à la Communauté Urbaine de Dunkerque.

Lors du mouvement contre la réforme des retraites, il a été a accusé par  les flics d’avoir voulu passer outre un barrage  et  d’avoir  tenté de les écraser avec sa voiture. 

Ces accusations sont évidemment fausses : il semble qu’il y ait eu quiproquo:  il a cru que le  policier le laissait repartir. Il a passé la première et a embrayé  doucement. Le flic a alors posé la main sur le capot et Christian s’est arrêté. C’est tout!!!

Christian a été condamné à 500 euros d’amende. Il a fait appel et cet appel a lieu à Douai le 27 septembre au matin.

Christian a aussi porté plainte contre les flics pour faux témoignage.

Le CRRIMMS appelle à soutenir ce camarade le samedi 27 septembre à Douai.

Rendez-vous à 8h45 devant la cour d’appel de Douai (rue Merlin de Douai).


Résumé de la journée de soutien pour J. militant contre la réforme des retraites

Le 6 septembre, nous nous sommes donnés rendez-vous à 10h30  devant la direction régionale de la SNCF pour soutenir J, nous étions entre 100 et 200, un discours du CRRIMMS fut lu:

« Le matin du 18 octobre dernier, 18 octobre 2010 donc, 70 militants environ sont descendus sur les rails à la gare Lille-Flandres.

Ils ont ainsi participé, à leur échelle, aux très nombreuses actions visant à bloquer l’économie, actions qui se déroulaient alors un peu partout en France…

... Tout à l’heure, va donc avoir lieu un procès dû à cette réaction aberrante de la SNCF face à ce blocage des voies par 70 militants mais …..avec un seul accusé. Pourquoi un seul… et pourquoi lui ?…

…En fait, les actions de blocage de zones industrielles, de carrefours, de raffineries, de trains, ont montré que , si elles se multipliaient et si elles duraient, elles peuvent peser fortement sur l’issue d’un mouvement social.


Alors en punir lourdement quelques uns bien choisis (comme Julien ou les 6 de Chambéry)  ça a pour but de faire un exemple. Il s’agit d’intimider  tous les acteurs du mouvement social…
…nous saurons remettre en place des blocages, nous travaillerons à les généraliser et à les faire durer.

Nous sommes là pour dire que nous ne nous laisserons pas intimider ! »

Ensuite nous sommes partis en manifestation, direction la place de la république, la rue nationale pour passer devant le MEDEF et Malakoff-Méderic
et se diriger vers la gare Lille-Flandres, au son de slogan comme :

«  L’état opprime, l’état réprime, notre solidarité est en béton armé ! »
« Y ‘en assez, assez, assez de cette société
qui n’offre que le chômage et la précarité ! »
« Qui sème la misère ! Récolte la colère ! »

Arrivés rue Faidherbe, une banderole fût déployée, hissée sur les poteaux, on pouvait lire :
«  La SNCF rackette un opposant à la réforme des retraites ! 45000 euros, même pas peur ! »
et de l’autre coté
« MEDEF, JUSTICE, POLICE, ils rêvent de nous faire taire, RIPOSTE POPULAIRE ! »

Parvenus devant le tribunal, le repas de soutien s’est mis en place, environ 200 euros furent récoltés pour le CRRIMMS.

Le procès commença vers 16h et finit vers 18h, le procureur demande 1000 euros, la SNCF ne lâche rien et persiste à demander 45000 euros. La justice délibérera :

Le MARDI 11 octobre à 14H
Un rassemblement de soutien est organisé à partir de 13h45
devant le tribunal de grande instance de Lille !


Journée de soutien pour J. militant contre la réforme des retraites

MEDEF, JUSTICE, POLICE, ils rêvent de nous faire taire… riposte populaire !

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44h de garde à vue pour une entrave !

Le 18 octobre, J. participe à une action de blocage des voies à la gare Lille-Flandres, organisée en assemblée générale par des syndiqués et non syndiqués, elle vise à bloquer l’économie comme toute les actions de blocage faites à ce moment là.

Le lendemain, J. est arrêté après une des grandes manifestations contre la réforme des retraites, il va faire 44h de garde à vue, sera déferé au tribunal et il est convoqué le 8 février pour entrave à la circulation ferroviaire.

En plus des peines de justice possible, la S.N.C.F y ajoute 45000 euros de dommages et intérêts.

Le 8 février, un rassemblement de soutien de 200 personnes eut lieu, le procès fût reporté le 6 septembre en raison d’une grève des magistrats.

Une dizaines d’organisations, syndicales essentiellement, se sont cotisées pour payer les frais d’avocat.

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Face à la répression, la solidarité est notre arme !

Cette première mobilisation nous a amenés à mieux nous organiser, à créer un collectif, le CRRIMMS (collectif de résistance à à la répression et à l’intimidation des militants et des mouvements sociaux), à diffuser plus d’informations sur ce procès.

Une manifestation est organisée au départ de la direction régionale de la S.N.C.F jusqu’au tribunal de grande instance de Lille, départ 10h30.

Un repas de soutien (sandwichs et boissons) sera mis en place devant le tribunal, l’argent ira directement au CRRIMMS pour financer les frais de justice, les possibles amendes et l’organisation dans le cadre de ce procès et d’autres procès semblables qui pourront se produire à l’avenir.

Ensuite, à partir de 13h30 commencera le rassemblement jusqu’à la sortie du camarade.

Le CRRIMMS c’est de s’organiser …

Le CRRIMMS dénonce la criminalisation des mouvements sociaux par l’arrestation d’un individu participant à une action. Ainsi l’Etat essaie de nous diviser en nous plaçant un par un devant la justice, nous bâillonnant soit par la peur de l’arrestation soit par les sanctions judiciaires.

Combien de manifestations et de mouvements sociaux étouffés par la présence de rangées de flics en uniforme anti-émeute, prêts à gazer, prêts à taper ? Ils nous divisent dans nos moyens de contestation, séparant privé, public, chômeurs, syndiqués, non -syndiqués, jeunes et plus anciens, isolant les rages de chacun dans des défilés cadrés et aseptisés.

Nos actions, nos manifestations doivent s’organiser avec la détermination et les envies de chacun, notre solidarité doit s’amplifier, nous devons être nombreux le 6 septembre pour soutenir J. mais aussi pour leur montrer que la répression judiciaire et policière ne nous effraie pas.

NOUS NE SOMMES PAS INTIMIDÉS ET NOUS CONTINUERONS LA LUTTE !


Procès de la Brique (suite)

Voici la lettre ouverte de Sud éducation adressée au SNJ (syndicat national des journalistes) qui se porte partie civile contre le journal La Brique.


Lettre ouverte du syndicat SUD éducation 59/62 au Syndicat National des Journalistes

à Lille, le 24 juin 2011

Camarades,
dans son n°25, le journal La Brique abordait la question du traitement pour le moins ambigu de certaines informations par La Voix du Nord dans la rubrique des faits divers.
Suite à cela, le journaliste de La Voix du Nord auteur de ces articles a cité La Brique devant le tribunal correctionnel et le Syndicat National des Journalistes (SNJ) s’est porté partie civile aux côtés de ce journaliste. Est réclamée contre La Brique une somme susceptible de plonger ce journal dans de fortes difficultés financières.

La lecture des articles en question a convaincu SUD éducation 59/62 qu’ils étaient de nature à inciter au « racisme ordinaire » – quelles qu’aient été les intentions de l’auteur – , par le rappel insistant de la nationalité étrangère de certain-es personnes mises en examen ou en garde à vue et des constructions syntaxiques suggérant leur culpabilité.

On a pu trouver ou on peut trouver encore des articles empreints du même ton dans d’autres journaux que La Voix du Nord ; leur répétition contribue à installer un climat délétère de mépris des pauvres et des personnes d’origine étrangère. En conséquence, SUD éducation 59/62 estime que La Brique a raison de dénoncer ce genre de propos et d’ouvrir le débat à ce sujet.

Syndicat de salarié-es lui aussi, SUD éducation 59/62 ne dénie évidemment pas au SNJ le droit de défendre un salarié ; mais notre syndicat aurait préféré que le SNJ ne choisisse pas de s’associer d’emblée à une action en justice destinée à faire taire La Brique, mais présente plutôt ses arguments dans les colonnes de La Brique ou ailleurs – en acceptant ainsi un débat légitime sur le fond.

Le journal La Brique dispose de moyens très modestes, ce que personne ne peut ignorer. Une sanction financière mettrait en péril son existence. SUD éducation 59/62 ne conçoit pas qu’un syndicat de journalistes s’associe à une action en justice susceptible de faire disparaître un journal alors qu’il pose la question du mode de propagation des idées racistes et de mépris envers les pauvres. Le fait qu’il s’agisse du SNJ, qui affiche des valeurs à l’opposé du racisme, et qui défend en d’autres circonstances la liberté de la presse, nous a interpellés.

Nous souhaitons vivement que le SNJ entende cette analyse et retire sa caution à une entreprise de déstabilisation d’un journal indépendant qui pose les bonnes questions avec le style qui lui est propre ; SUD éducation 59/62 ne peut donc qu’affirmer tout son soutien à La Brique.

Pour l’Assemblée Générale des adhérent-es,
le Conseil syndical de SUD éducation Nord/Pas-de-Calais.


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